Zidane : surprenant, impactant et … imparfait !

Le manager du 21ème siècle surprenant et impactant a des chances de faire pétiller son parcours s’il accepte de se montrer imparfait. D’accord ou pas d’accord ?

Pour en débattre, j’ai choisi le profil de Zidane pour sa dernière décision particulièrement audacieuse.

Juin 2018, Les bleus sont en Russie chez Vladimir Poutine pour la coupe du monde de football.

Fan de sport, c’est une actualité que nous allons suivre de près en famille parce que j’aime le challenge, parce que la compétition sportive me booste et parce que j’aime la gagne. J’ai pour habitude de suivre les grands rendez-vous sportifs mondiaux.

D’où ça vient ? Sans doute de mon histoire avec le handball. L’adrénaline des compétitions me manquent parfois…

Zinedine Zidane m’avait touchée il y a quelques mois quand Téléfoot lui a consacré une interview pleine d’émotions sur son parcours riche en rebondissements.

Des talents et des valeurs profondément ancrés chez le joueur et le coach Zidane ! 

La carrière de Zidane a été lancée par Alain Afflelou et Rolland Courbis par un concours de circonstance. Bien que perçu comme un joueur talentueux, les responsables de Marseille l’avaient trouvé lent à l’époque. Pas Rolland Courbis, entraineur de Marseille et fin observateur. Il a saisi cette opportunité et encouragé Alain Afflelou de le récupérer pour la somme de 400 000 euros (seulement !!!!). Zidane était fébrile mais talentueux au ballon. Courbis s’est fié à son intuition et s’est mis à le chouchouter.

Zidane a été élevé par des parents maghrébins qui lui ont transmis des valeurs solides. Son succès se joue à cet endroit-là. Gamin, il n’était autorisé à ne regarder qu’une seule émission, celle de  Téléfoot. Je vous laisse imaginer son cadre éducatif.

Reconnaissant, généreux et ouvert. Sa reconnaissance incommensurable à l’égard de ses parents et de sa femme Valérie (ses ressources-équilibres) le rend à la fois touchant et puissant. Zidane a besoin d’être entouré et d’entourer. Le silence est un outil qu’il manie avec une intelligence redoutable. Dans son cadre familial, il a appris entre autres l’écoute et l’humilité. Il est entouré d’amis qui partagent ses valeurs humanistes.

Audacieux et courageux. Quand Zidane a annoncé son départ de l’équipe de France de football, il a su revenir sur sa décision. Le recul lui a donné l’occasion de comprendre ses besoins et de se dessiner un nouveau challenge. Sa décision a été courageuse et généreuse. Courageuse parce qu’il a changé d’avis (j’aime bien ces gens capables de modifier leur opinion après avoir pris le temps de s’écouter pour de vrai). Généreuse parce qu’il a voulu donner un coup de main et se rendre disponible pour l’équipe de France, alors en grandes difficultés.

Son retour inattendu, annoncé en plein été, a en fait été le fruit d’une longue réflexion. Des mois de réflexion. Selon Henri Émile, alors coordinateur des Bleus, Zidane, à Madrid, vivait de plus en plus mal les trêves internationales. Jouer seulement la ligue des champions et le championnat d’Espagne ne lui suffisait plus. Il sentait qu’il avait quelque chose de plus grand à donner. Au bout d’un an sans l’équipe de France, il a eu envie de revenir. Un désir profond soldé par une prise de risque. Mes clients-managers parviennent à prendre ce type de risque, plus facilement lorsque je suis à leurs côtés, avec toute ma vigilance. Tellement plus rassurant !

Stratège. Zidane est perçu comme un homme heureux parce qu’il a fait de bons choix. Au printemps 2005, quand il a choisi de revenir en équipe de France, Zidane a mis quelques joueurs dans la confidence et notamment Patrick Viera, alors capitaine. Il les a réunis dans un palace à Paris. Il y a aussi convié Lilian Thuram, retraité aussi.

Avec la complicité de Raymond Domenech, orchestration parfaite de la communication du retour des anciens cadres de l’équipe de France.

Bosseur. Zidane observe, prépare, réfléchit avant de passer à l’action. Il pratique apparemment la loi des 20/80. 80% de préparation et 20% d’actions le conduisent avec facilité vers le succès (en apparence). J’admire cette efficacité… En tant que sélectionneur, il a accumulé ces 7 trophées. Cela a été possible parce qu’il y a eu du travail, parce qu’il a pris le temps de comprendre le job de sélectionneur. Je répète : il a pris le temps de comprendre son nouveau job. Il a consacré trois ans et demi de son parcours pour préparer son rôle d’entraineur : formation en management, coaching en communication, training en banlieue sur les terrains synthétiques…. Zidane n’a pas oublié d’où il vient. Son crédo : « Le succès ne le fera jamais changer ». Allez chercher la victoire à petit pas mais sûrement le stimule.

Lucide, discret et happy. Zidane sait que ça va s’arrêter un jour, alors il savoure chaque moment, vit pleinement le présent et se régale. Selon lui, le Réal est la meilleure équipe du monde de football. Il y encadre des pontes du football comme Ronaldo, meilleur joueur du monde. Respect, crédibilité, légitimité forment le socle de sa relation avec les joueurs de son équipe… « ça passe entre eux ». Zidane adore l’état d’esprit de ses joueurs, jamais rassasiés. Les meilleurs poussent les autres dans leurs retranchements et les rendent meilleurs. Travailler dans ces conditions, c’est vrai que c’est extra ! Peu loquace, Zidane donne très peu d’interviews. Il est discret et très actif.

Charismatique. Un attribut surprenant pour un personnage comme Zidane. A mesure que la coupe du monde 2006 approchait, Zidane est devenu omniprésent sur les écrans. Il a eu le monde des marques entre les mains. Reportages et publicités. 8,6 millions de contrats publicitaires avec Orange, Danone, Canal Satellite, Adidas… Il a vendu de tout, du déodorant jusqu’aux lunettes, les marques se l’arrachaient.

Selon Gilles Dumas, consultant en marketing, Zidane a eu une carrière publicitaire surprenante. Son image a été remarquablement orchestrée. Ce qui l’a sorti de son rôle de footballeur. Il a évité les sujets politiques et de société, cela n’a pas déplu à ses sponsors qui redoutaient la controverse. « Zidane possède le charisme du silencieux ». Étrangement, il possède ce silence éloquent où chacun puise au gré de son interprétation. Son regard magnétique lui confère un charisme indiscutable. Il a une forme de regard qui combine à la fois de la douceur, de la détermination et de l’assurance qui ont fait de lui quelqu’un d’exceptionnel. C’est pourquoi les publicitaires ont souvent utilisé ses yeux dans les campagnes en faisant de gros plans sur ces regards profonds.

Cette aura de mystère conjugué à son palmarès exceptionnel et à son talent si personnel et gracieux a contribué à faire de lui cette figure d’exception.

Leader. Le bienfait de son retour en 2006 est similaire à celui des Beatles.  Il a redonné confiance à tous, staff, joueurs, fans. Thierry Henri, attaquant de pointe de l’équipe de France, et d’autres ont reconnu que son retour reboostait l’équipe face à l’enjeu du mondial. L’esprit d’équipe a repris tout son sens. En pleine reconquête de sensations, d’image, Zidane a transmis sa rage de vaincre, particulièrement contagieuse.

Sa façon d’être plait aux Français. Il est une star sportive devenue une icône nationale. Son aura dépasse le cadre du simple football, il est chaque année dans le top 3 des personnalités préférées des Français.

Guide malgré lui. De son retour en 2005 à la finale de la coupe du monde en 2006, Zidane véritable icône du foot mondial a prouvé qu’il était bien le guide de cette équipe de France sur le terrain et en dehors. Ce n’était pas gagné ! Sa timidité ne le prédestinait pas à devenir capitaine de l’équipe de France ou sélectionneur. Jean-Michel Larqué, consultant Foot, s’est souvenu d’un Zidane décisif sur le terrain mais très réservé lors du mondial 1998.

Il ne pouvait d’ailleurs pas désigner Zidane comme un patron. Le leader c’était Didier Deschamps en 1998. Pas forcément le meilleur joueur mais le meilleur relais entre les joueurs et l’entraineur, celui qui recadrait l’équipe, le joueur par un mot sur le terrain. Zidane n’était pas l’aboyeur, l’homme qui allait faire le tour des chambres, remonter les esprits selon l’importance du match. Il avait une préparation beaucoup plus individuelle.

Réservé, très introverti, il préférait rester dans l’ombre, à tirer les ficelles, sans être au premier plan. Avec le temps, Zidane a gagné en maturité, il a pris des responsabilités. Selon son ami Vicente Lizarazu, malgré sa timidité, Zidane est un sacré caractère, un sacré compétiteur, un gagneur.

Son retour a donné une nouvelle impulsion à l’équipe de France. Par son attitude, il a fédéré un groupe partagé entre la nouvelle génération et la veille garde. Il s’occupe personnellement de Ribéry, sa relève, au poste de meneur de jeu. Devenu le vrai guide de l’équipe de France, Zidane a prouvé qu’il était toujours un magicien balle au pied avec ce don de faire chavirer tout un stade, n’importe où, n’importe quand.

Inspirant et focalisé. Originaire d’un quartier populaire de Marseille, il symbolise une ascension sociale irrésistible. Selon Patrick Mignon, sociologue du sport, Zidane incarne aux yeux des Français la réussite. Le parcours de Zidane fait figure de cheminement idéal. C’est quelqu’un qui réussit parce que son milieu lui a appris les valeurs de disciplines personnelles et d’écoute. Son retour en équipe de France a renforcé son image auprès du grand public. A tel point qu’il est devenu l’objet d’un film à quelques semaines du Mondial 2006, passé au festival de Cannes. Une œuvre unique pour un joueur unique.

Dans les grands matchs, Zidane était là, il ne s’échappait pas, il excellait. C’était un artiste qui créait. Plus il se rapprochait de la fin, plus fort il était. L’envie et l’état d’esprit étaient ses moteurs face à l’argument de l’âge avancé. A sa dernière coupe du monde, sa préparation était plus que jamais sérieuse et focalisée sur un second titre. Il ne s’attardait pas sur les critiques et sur les doutes exprimés dans la presse. Son attitude avait valeur d’exemplarité. Il alliait fantaisie et longévité. Derrière ses qualités techniques, il travaillait énormément, avec une hygiène de vie très stricte.

Influent. Pendant le mondial 2006, les échanges ont été difficiles entre Domenech et Zidane. Domenech face à Zidane n’avait pas l’impression d’être présent. Zidane a eu en fait un rôle influent que son entraineur n’appréciait pas. Il était à la tête d’un comité des sages composés de cadres solides. Même si le dernier mot revenait à l’entraineur quoi qu’il arrive, Zidane a bien évidemment présenté voire imposer ses joueurs pour jouer son meilleur foot. De telles négociations ont eu un impact sur la composition de l’équipe. Le comité de Zidane s’est régulièrement réuni pour parler organisation et tactiques. Domenech avait-il transféré une partie de son pouvoir de décisions ? Aucunement. Pourtant Coupet, gardien de but titulaire, relégué au poste de remplaçant a craqué. Il n’a pas supporté que Barthes ait été imposé par Zidane.

Des jeux politiques que j’ai expérimentés en tant que manager et que mes clients-managers me confient comme pour se débarrasser d’un poids lourd.  Sous pression, Coupet s’est ravisé bien sûr et a calmé le jeu. L’incident a perturbé le groupe à tel point que Domenech a clarifié la situation devant la presse. Zidane, alors capitaine, ne s’est pas exprimé sur le sujet. Il est resté focus sur sa préparation du mondial.

Sa joie auprès de ses partenaires a été communicative.

En véritable leader, la présence de Zidane dans l’équipe a poussé toute l’équipe à se conduire différemment. Pourquoi une telle confiance ? parce que Zidane a répondu présent dans les grandes compétitions. Il a joué dans les plus grands clubs et joué les plus grands matchs du monde. Il possède l’un des palmarès le plus fourni. Ses exploits, ses buts sont uniques.  « Bénie soit la mère qui t’a mis au monde » a vociféré un de ses fans.

En France, en Italie, en Espagne, Zidane c’est l’élégance. Son talent est artistique : tout est simple avec lui, un contrôle, une passe, une tête, un but.

Magicien. Face à ce type de joueur, tous les moyens sont bons pour le déstabiliser. La presse, les commentaires, les critiques, les provocations, les déstabilisations médiatiques. Quand Zidane était ciblé directement. Il ne rétorquait pas, il laissait ses coéquipiers intervenir. Sa force : répondre sur le terrain. Au ballon. En mettant une raclée à l’adversaire. Zidane, symbole des bleus métamorphosés, en 90 minutes, en 2006, a su chasser les doutes et remettre les pendules à l’heure.

La seule équipe au monde redoutable pour Zidane était le Brésil. A son dernier mondial, il s’est laissé pourtant inspirer par l’équipe brésilienne. Il a joué le plus beau, le plus fascinant, le plus spectaculaire match face au Brésil, le 1er juillet 2006. Dans une atmosphère fraternelle, détendue, légère, Zidane était apaisé, joyeux. Pour Larqué, aucun joueur n’avait jamais aussi bien joué. « C’était un véritable récital ». Poussés par leur élan populaire, portés par leur capitaine, les joueurs ont cru plus que jamais en leur destin. A ce match là, ce soir-là, Rolland Courbis, qui a entrainé Zidane à Bordeaux, à ses débuts, a vu dans son geste impensable quelque chose d’irrationnel. Zidane a tiré le pénalty du match avec une panenka. C’était la démonstration que Zidane était dans un état second : on peut énumérer toutes les qualités d’un champion, d’un artiste comme aime le surnommer ses plus grands fans.

Et vous, dites-moi ! quel moyen utilisez-vous pour emporter vos équipes ?

Zidane restera dans l’histoire du football pour son élégance, balle au pied … mais aussi pour son coté imprévisible voire impulsif. C’est son imperfection qui me fascine !

Impulsif et responsable. Le coup de tête de Zidane sur le thorax de Materrazzi. Un cauchemar, une horreur, une défaite sanction. Zidane a terminé sa carrière de joueur de football sur une expulsion. Il a reçu son 14ème carton rouge face à l’Italie en finale de la coupe du monde 2006.

Malgré toutes les précautions, le contrôle de soi, Zidane a dévoilé au grand public sa part d’ombre. On en a tous une ! Il n’a jamais vraiment réussi à la canaliser. Il avait du talent mais aussi du caractère. Henri Émile, son confident, le compare à Van Gogh. “Les grands ont ce grain de folie qui les pousse à se conduire de façon irrationnelle”.

Zidane est en fait un miroir à deux facettes. D’un côté c‘est un homme doux, gentil, au naturel réservé ; de l’autre, il est impulsif et sanguin. Son point faible était connu des joueurs italiens, de Materazzi tout particulièrement qui savait comment faire disjoncter Zidane. Bien qu’évoquer avant le match, rester serein, concentrer, focaliser. Il a littéralement « pété » un câble ; Quelques minutes après la sortie de Zidane l’équipe a perdu la finale au tir au but. Un désastre ! un sacré coup pour l’image du foot. « Son geste est impardonnable, il nous met en péril, il se pénalise et nous pénalise aussi » a exprimé Didier Deschamps.

Conscient de son geste et des répercutions, en responsable, il a présenté ses excuses à toute l’équipe, dans les vestiaires. Aucun des joueurs n’a laissé paraître la moindre colère ou rancœur. Devant les caméras, certains l’ont remercié parce que son retour leur a permis d’arriver en finale de la coupe du monde de 2006. Son trait de caractère a terni sa sortie mais son talent lui a ouvert une voie inattendue.

Une légende. Le coup de boule de Zidane est devenu un débat est sportif et moral. Certains se sont interrogés sur son acte, d’autres l’ont compris. Il a commis une faute mais sa légitimité n’a pas été remise en cause car ses accomplissements du passé l’ont rendu légitime pour le siècle entier. Le grand public a trouvé toutes les excuses du monde à Zidane mais les joueurs et les entraineurs savaient qu’il avait eu tort. Ses coéquipiers ont mis du temps à s’en remettre.

Malgré tout, Zidane et les Bleus ont reçu les honneurs de Chirac. Admiration, affection et respect de la toute population. Rien à faire. La polémique est devenue incontrôlée et incontrôlable. Muet, il a fini par expliquer ce que Marco Materrazzi lui avait balancé sur le terrain. Les communicants qui ont travaillé avec Zidane ont tout orchestré pour qu’il devienne la victime. Une indulgence rare. Seuls les grands génies peuvent en bénéficier. Thierry Henri n’a pas eu cette chance ! Le coup de tête fait partie intégrante de la légende Zidane. Une légende ce n’est pas seulement tout réussir. C’est aussi montrer ses faiblesses. Un héros, faible par moments. Et vous, quels sont vos biais ?

Visionnaire. Dix ans plus tard, c’est le retour dans le monde footballistique, dans un costume d’entraineur. Son passage par la case club d’une équipe d’Espagne l’a propulsé peut-être vers le poste de sélectionneur pour l’équipe de France. Après Didier, Zinedine, pourquoi pas !

Zidane, manager d’une équipe en plein succès a osé quitter un poste tant recherché et où il semblait briller. Lui seul sait comment se sont déroulées les différentes étapes vers les victoires. Savoir sortir la tête haute pour servir une cause plus grande que soi… fait partie des qualités d’un leader visionnaire. Pour permettre à cette équipe de Madrid de poursuivre ses succès, Zidane a choisi de changer la tête de l’équipe. Le changement d’une direction permet une prise de recul et une nouvelle dynamique. Sortir un collaborateur n’est pas toujours la solution courageuse. Qu’en dites-vous ?

 

Une de mes clientes vient de me demander de manager et de coacher son équipe, quelque peu esseulée. Sa vision du développement de son activité l’encourage à se référer à des ressources motivées, compétentes et humanistes. Je suis flattée et j’y réfléchis.

Si Zidane m’inspire c’est parce qu’il est doué et imparfait. Je suis convaincue que vous êtes doté d’un fabuleux talent qui ne demande qu’à être connu de vous, de votre entourage, privé ou professionnel.

Pensez à faire appel à moi pour clarifier votre identité professionnelle et votre positionnement et ainsi vous sentir davantage aligné et cohérent avec vos choix. Consultez le témoignage de mes clients et contactez-moi !

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