En quoi le manager en entreprise est un Artiste ?

 In A expérimenter, Comportements de manager

Selon les retours de mes clients et à partir de ma propre expérience, le manager en entreprise occupe souvent un poste complexe. Au regard de son agenda de ministre, il est expert, recruteur, animateur, formateur, planificateur, médiateur, présentateur, arbitre, facilitateur, coach… j’en omets sans doute. Quel talent de pouvoir jongler d’un rôle à l’autre. Comme ça… en un coup de baguette magique !

Chaque casquette correspond à une posture. Ça fait super héros ! Vous ne trouvez pas ? Il veille à la performance de sa zone d’activités et, en même temps, à l’écologie de son équipe. Gare à lui si le moindre signe lui échappe. Il pourrait ne pas en dormir la nuit… Pas facile d’être un manager aujourd’hui !

Ma visite au Salon du management, novembre 2018 me l’a confirmé. Cet être humain change de casquette, plusieurs fois par jour, à en donner le tournis. Ces derniers temps, je suis moins surprise d’apprendre les départs inattendus, surprenants des uns, les arrêts-maladies, l’alcoolisme des autres. Aux premiers, une petite voix a dû leur dire « prends tes jambes à ton cou, si tu veux poursuivre tes rêves… ».

Quand on regarde de près ses différents rôles, je ne peux pas m’imaginer que le manager reste seul, sans un accompagnement subtil et porteur.

Pour la rédaction de mon article, j’ai choisi une femme dans le rôle du manager et un homme dans le rôle du collaborateur. SVP ne me demandez pas pourquoi ! Ça le fait aussi !

En chemin, Lundi 8h10

Après un week-end lui permettant de se relâcher, le manager reprend le chemin du bureau. Elle profite de sa route pour se vider la tête. Ben oui, elle doit être attentive à son équipe et aux aléas de la journée qui va se présenter. Cela s’appelle se mettre en condition. Son rôle d’animateur consiste à dynamiser, créer de la cohésion et motiver les troupes. Pour cela, une vision claire est incontournable pour conduire l’équipe vers un but commun et obtenir un engagement collectif. Pour compléter le tout, elle prévoit pour chaque collaborateur des objectifs individuels sans s’oublier dans l’équation. Il faut au moins ça pour favoriser des leviers de motivations et d’opportunités à participer à l’aventure. Quand les résultats sont moyens, c’est pour sa pomme, quand c’est performant, elle doit partager le succès. J’ai une question pour vous : est-ce un réflexe chez vous l’altruisme ?

 

Tour Borderline, 34ème étage – Réunion du lundi, il est 9h

Pour gagner le respect de ses collaborateurs et se sentir légitime à son poste de manager, il serait souhaitable d’arriver en expert. Savoir de quoi on parle, comprendre les enjeux de l’entreprise, savoir les expliquer simplement, clairement, de façon incarnée, facilitent l’instauration d’une relation de confiance. Expert oui, un rôle bien apprécié par collaborateurs et hiérarchie quand celui-ci est associé à des qualités d’humilité et un comportement exemplaire. Quand je me mets dans les baskets d’une collaboratrice, je me sentirais en confiance si … je suis entrainée, inspirée et guidée par quelqu’un dont je reconnais la contribution et les talents. Alors une question ? Quelle est votre contribution et quels sont vos talents de manager ? Vous soufflez ou encore c’est flou dans votre esprit alors contactez-moi !

 

Tour Borderline, 12ème étage, dans son bureau, Lundi 11h05

La réunion vient à peine de se terminer. Un collaborateur débarque dans son bureau. Elle s’efforce de l’écouter. Elle aurait aimé aller prendre l’air, une tisane à la main, pour soulager son mal de tête. Mais non, elle reste, elle lui montre de l’intérêt. Pour éviter toutes tensions, elle ajuste sa communication. Elle met de la forme dans ce qu’elle exprime… elle expérimente la bienveillance. Ce qu’elle a à lui dire est délicat mais juste. Avec son coach Fanta, elle communique davantage avec assertivité. Avec ses qualités de communicante, le manager gére mieux les interactions, motive, coache, gère les conflits autrement. Elle se sent alignée alors ses messages sont transparents et posés dans un contexte, ce qui favorise engagement, confidences et cohésion au sein du collectif.

 

Tour Borderline, 34ème étage, dans le bureau du N+1, Lundi 15h15

Notre manager a un conflit à gérer et une décision à prendre. La situation est particulièrement délicate, il s’agit du licenciement d’un collaborateur. Elle déteste cette casquette, je reconnais que ce n’est pas la plus sympa du job. Mais comment y échapper ? Elle va chercher du soutien au dernier étage de la tour. Pour arbitrer, savoir se mettre à la place des collaborateurs, rappeler les règles du jeu, fixer les limites, faire preuve d’empathie, prendre du recul, savoir être objective sont les clés de réussite de cette pénible casquette. Inutile de rappeler les qualités d’écoute et de bienveillance nécessaires dans ce genre de situation.

 

Tour Borderline, 12ème étage, dans son bureau, Lundi 18h30

Notre manager prépare un entretien de cinquante minutes avec une nouvelle collaboratrice. Au rôle d’animateur, s’ajoute pour le manager un autre rôle, celui de coach. Le manager doit pouvoir booster les personnalités de son équipe tout en veillant à leur épanouissement. Quand je vois les ressources que je mobiliser quand je coache, je me dis qu’elle … non, pas de jugement.

L’idée est de donner la possibilité à ses collaborateurs d’avancer, en leur accordant des clés pour se développer. Les motiver, les valoriser, les aider à se sentir à leur place est une priorité managériale. C’est une posture qui nécessite présence, écoute fine, attention et bienveillance. Le manager va s’attacher à faire émerger des solutions concrètes. Si elle a encore de l’énergie !!!

Tour Borderline, 12ème étage, dans son bureau, Lundi 19h20

Tout va pour le mieux, c’est son mari qui récupère et s’occupe des petits le lundi soir. Notre manager réfléchit à une autre façon de manager, qui soit plus écologique pour elle. Au Salon du management, elle a participé à un atelier sur la posture du manager facilitateur. Elle est vraiment emballée. L’idée n’est pas d’être facilitateur à temps plein mais d’adopter les bonnes pratiques du facilitateur quand c’est adéquat. La posture du facilitateur sert à améliorer le fonctionnement d’un groupe. Chacun contribue au niveau des idées ou des actions. Le manager se sent moins seul en acceptant de réfléchir et de décider avec son équipe. L’implication de tous permet d’accroitre la motivation et une meilleure compréhension de la situation permet de réduire les erreurs. L’équipe a le sentiment que le manager met la main dans le cambouis, cela la rassure.

Voici une liste non exhaustive de ce que la facilitation apporte à une équipe et son manager : motivation plus grande, adhésion plus forte aux idées et aux changements, responsabilisation, des idées aux actions sans effort, énergie décuplée à faire les choses. Toute une série de bénéfices idéales pour notre manager. Seulement la peur de perdre la maitrise de son organisation et son pouvoir lui prend au ventre. Quelques séances de coaching avec Fanta l’aideront à y voir clair, lors de la prochaine séance. Ses blocages sont peut-être culturels !

 

Il est 20h05. Notre manager range son bureau et rentre chez elle.

Il existe au foot le prix du ballon d’or, en littérature, le prix Goncourt. A quand l’inscription de managers inconnus du grand public au prix du manager de l’année ?

Quand un manager sait accumuler autant de rôles, de postures en une journée, je me dis qu’il faut être folle pour accepter de gérer une équipe et de l’aider à atteindre les objectifs fixés par un comex ou un codir sans un accompagnement de coaching externe régulier.

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